Juin 2008

Installation vidéo << Maman>> - Le manège -


moustiquaire /projecteur/ 50 paires des chaussures usées d'enfants,
2006-2007-2008 Paris

Bonjour tout le monde,

Je travaille depuis quelques semaines avec un nouvel appareil photographique : mon ancien appareil était très bien, mais je commençais à en sentir les limites. A vrai dire, je ne gardais plus qu'une photographie sur cinquante prises, et je me disais qu'il fallait passer à autre chose.

J'ai aussi mieux compris la direction que je recherchais, et j'ai donc pu choisir l'appareil photo adapté. J'ai demandé conseil auprès de mes amis, je me suis renseigné, et je suis allé manipuler différents appareils dans un magasin spécialisé du quartier. Finalement, je me suis décidé pour un appareil Canon EOS. Il est très agréable à manipuler. Je travaille habituellement dans l'obscurité de mon atelier : je projette mes films sur la moustiquaire de mon installation, et je les photographie. Le viseur de mon appareil est très clair, et c'est pratique à l'usage. Je garde désormais une vingtaine de photographies sur une centaine de prises (j'ai l'habitude d'essayer différents réglages au cours du travail: temps de pose, ouverture, etc.)

Un bon appareil photo, c'est comme un bon pinceau ou un bonne brosse plate: on peut réussir le même effet avec un mauvais pinceau, mais il faut s'y prendre à vingt fois, alors qu'une seule fois suffit avec un bon pinceau.

A ce sujet, j'ai longtemps travaillé avec un Contax ST que j'avais acheté d'occasion dans un magasin de Tokyo, situé dans le quartier de Nihonbashi -- magasin que m'avais conseillé mon galeriste de l'époque. J'ai utilisé mon Contax entre autres choses pour prendre les photographies où l'on me voit dessiner dans l'espace avec un pinceau de lumière. Je me rappelle aussi avoir pris des diapositives pour les projeter au lycée privé du quartier de Minatoku à Tokyo où j'enseignais les arts plastiques à l'époque.

Jusqu'ici, j'ai cassé trois trépieds : je ne sais pas pourquoi, c'est toujours la tête qui lache en premier. J'ai acheté le dernier trépied à Yokohama il y a deux ans, à l'occasion de ma visite à Boltanski. Il s'est depuis fissuré en plusieurs endroits, certainement à cause des grains de sable qui s'y sont infiltrés lorsque je suis allé filmer sur la plage de mon enfance, à Tateyama.

J'ai donc dû acheter un nouveau trépied, que j'ai choisi d'origine italienne cette fois, du fabricant Manfrotto. Ce trépied est supérieurement intelligent de conception, pour son prix du moins: en fait, tous les éléments dont je rêvais s'y trouvent, ou presque... En particulier, il est possible d'atteindre des hauteurs himalayennes, propices aux prises de vue aériennes. Et pas simplement cela. Ce trépied est si souple de ses trois jambes qu'il sait aussi faire le grand écart: il devient alors tout plat, figure chorégraphique idéale pour prendre des photographies en rase-motte. Je mesure ainsi chaque jour la subtile et extensible maniabilité de l'artisanat italien !

Je travaille d'arrache-pieds dans cette atmosphère renouvelée, et en attendant que l'été arrive, je vous envoie deux de mes photographies récentes. Dites-moi ce que vous en pensez !

Au revoir, et au mois prochain.

Koko