Juillet 2008

Installation vidéo << Maman>> - Mathieu -


moustiquaire /projecteur/ 50 paires des chaussures usées d'enfants,
2006-2007-2008 Paris

Bonjour tout le monde,

Nous voici arrivés au milieu de l'année 2008: la première moitié de l'année est passée si vite !

Quelles sont les expositions que j'ai vues pendant ces six derniers mois, et qui m'ont marquées ? Je dirais : l'exposition de Jan Fabre au Louvre, et celle de Louise Bourgeois au Centre Pompidou.

L'exposition de Jan Fabre s'inscrit dans une série d'expositions « Contrepoint » commencée il y a trois ans au Louvre. Le projet a pour dessein de confronter des artistes contemporains aux collections historiques du Palais de Louvre. Pour la quatrième exposition de la série, le Louvre a invité l'artiste belge Jan Fabre. J'ai découvert le travail de Jan Fabre il y a une quinzaine d'années, dans une exposition qu'organisait une galerie d'art contemporain dans le quartier Ginza à Tokyo. En m'approchant de son travail, et en découvrant les colléoptères agglutinés sur la toile, leur aspect gluant et poussiéreux, je m'étais dit alors que tout cela n'était pas très ragoûtant. Mais pour cette exposition de grande envergure, Jan Fabre a su profiter avec intelligence des quarante salles du Palais du Louvre dédiées à la peinture flamande et à la peinture du Nord. Jan Fabre présentait à cette occasion une quarantaine d'oeuvres qu'il avait réparties dans chacune des salles. J'ai trouvé l'idée de la confrontation très intéressante et courageuse de la part du Louvre.

Le soir de ma visite, j'ai aussi assisté une conférence-projection de Richard Serra autour de sa « Promenade » installé au Grand Palais, conférence que j'ai écouté avec curiosité.

L'exposition de Louise Bourgeois au Centre Pompidou était vraiment magnifique, même si je dois avouer qu'elle m'a glacée le sang !!!

J'ai assisté au vernissage de l'exposition, en arrivant assez tôt, autour de six heures du soir. Il y avait déjà beaucoup de monde, mais l'atmosphère y était si tendue et concentrée, que la présence d'autant de monde autour de moi ne me dérangeait pas du tout. Je m'amusais même à écouter discrètement certains commentaires des visiteurs. Ainsi, par exemple, deux très jolies vieilles dames, aux cheveux tout blancs, qui avaient l'air d'être de bonnes amies, se chuchotaient sur le ton de la confidence amusée : « As-tu remarqué à quel point Sophie Calle a copié sur Louise Bourgeois ? ». J'ai entendu beaucoup de commentaires amusants de ce genre.

J'ai mis plus de trois heures pour regarder chacune des pièces de l'exposition. Ensuite, j'ai regardé deux fois le documentaire sur Louis Bourgeois, documentaire d'une petite heure qu'il ne faut absolument pas manqué ! Malgré la foule, je me suis retrouvé propulsée au premier rang de la salle de projection. (pour expliquer pourquoi j'ai dû assister deux fois au documentaire: au milieu de la première projection, il y a eu un problème de son qui s'est soudain tû. Il m'a fallu donc assister une nouvelle fois au film pour ne pas manquer cette partie du documentaire que je ne voulais pas rater.)

L'exposition de Louis Bourgeois était partagée en deux parties, l'une installée au sixième étage et l'autre au quatrième étage du Centre. Le quatrième étage réunissait une série de petites oeuvres sortilèges et maléfiques de Louise Bourgeois. Il régnait dans cette atmosphère comme un parfum d'envoûtement...

Après cette exposition je suis tombée malade: je me suis sentie vraiment mal pendant une semaine. En plus de cela, mauvais hasard, je me suis coupé les doigts en cassant une vitre de mon appartement. La plaie ouverte a mis trois semaines à se refermer. Terrifiant, non ??? (j'ai même fait une piqûre contre le tétanos). Je pensais tout le temps à Louise: j'étais comme envoûtée, elle ne me sortait pas de la tête...

Je suis retournée deux fois à son exposition par la suite, un peu plus calme. On trouve dans les oeuvres de Louise Bourgeois une vérité profonde et cruelle sur sa propre existence, sur son intimité et sur ses humeurs, qu'elle dévoile en prenant des risques.

Vous l'avez déjà remarqué, et cela ne fait aucun doute pour moi : Louise Bourgeois est une sorcière, une ensorceleuse de notre époque.

Ce mois-ci, je vous présente deux photographies récentes de mon installation vidéo. Le garçon que j'ai photographié s'appelle Mathieu. Il a dix ans. Il est venu dans mon atelier un jour ensoleillé d'Avril. Mathieu est un garçon très sensible. Il était un peu intimidé par l'idee d'être filmé. Il a donc voulu mieux comprendre la démarche de l'installation, et a ensuite participé au tournage avec plaisir et générosité.

L'autre photographie montre un coquelicot blanc, qui apparaît dans le même film que celui de Mathieu. J'ai très envie de vous montrer un jour sur mon installation même comment j'ai monté toutes ces séquences pour en faire un film.

Au revoir tout le monde, passez un bon été, et rendez-vous au mois prochain.

Koko