Septembre 2008

Installation vidéo << Maman>> - Philomène -


moustiquaire /projecteur/ 50 paires des chaussures usées d'enfants,
2006-2007-2008 Paris

Bonjour tout le monde,

Nous avons passé un été très agréable à Paris cette année: frais, et jamais trop chaud. Aussi, nous n'avons quitté Paris qu'une dizaine de jours en Août, pour aller retrouver la famille à Nice. J'ai profité de ces mois d'été pour accumuler un joli nombre de séquences vidéos bien choisies, filmées à Paris ou à Nice -- des séquences que je trouve intéressantes, ou qui m'intriguent, et que je cherche à comprendre.

Un bon ami à nous, Kenji Kitayama, est venu à Paris pendant le mois d'Août. Dès son arrivée par l'avion, et après une courte nuit de repos, il est venu nous retrouver au café pour une conversation matinale qui s'est vite transformée en petit cours privé de sémiologie, autour d'un article récent qu'il a écrit sur la photographie.

Quelle chance !

Certains d'entre vous connaissent déjà Kenji: il est spécialiste d'Antonin Artaud et de Marcel Duchamp, et traducteur de Raymond Roussel au Japon. Il fait un travail extraordinaire pour promouvoir ces artistes mal connus au Japon: ainsi, il a inauguré il y a quelques années une des rares expositions sur Marcel Duchamp qui aient eu lieu au Japon, au musée national d'Osaka, en compagnie du critique japonais Akira Asada.

Kenji habitait à Paris il y a six ans, pas très loin de chez nous. Paul et moi nous retrouvions souvent chez lui pour de grands repas autour d'un « nabe » soupe japonaise délicieuse. C'était amusant de voir l'appartement déborder d'étudiants et d'amis, et les conversations se poursuivre à batons rompus sur le palier...

Je suis parfois un peu nostalgique de cette époque...

Ces soirs-là, mon bon ami Abe jouait le rôle de « nabe-bugyo » ce qu'on pourrait traduire en « grand intendant préposé à la soupe ». Je me demande comment va la vie pour lui depuis qu'il est rentré au Japon. J'ai entendu dire qu'il vient de publier le livre qu'il écrivait à l'époque sur Michel Foucault...

Je me rappelle avoir rencontré Kenji il y a quelques années, à l'occasion de la venue de Yoshikichi Furui à Paris. C'est extraordinaire de voir que les livres de Furui sont si lus en France: sa traductrice Véronique Perrin fait un travail épatant !

Au Japon, Furui est considéré comme un des plus grands écrivains de la génération de mon père. Mais je dois dire qu'il est toujours fringant: je me souviens avoir passé une soirée entre amis avec lui, il y a quelques années, où le polisson s'était essayé à séduire la jeune fille que j'étais alors.

Mais je me perds dans mon histoire...

Kenji venait à Paris pour travailler avec un professeur de la Sorbonne, et pour préparer une conférence sur l'histoire des jardins, qu'il donnera bientôt au Japon. Après nous être retrouvés au café de bon matin, nous sommes allés tous ensemble dans mon atelier, avec Paul et Marie-Aude. J'étais émue et un peu intimidée de voir Kenji installé là, dans mon atelier, à Paris, en face de mes projections vidéo: il réagissait avec tant de sincérité et de justesse !

Ce mois-ci, je vous présente une photographie récente de mon installation vidéo. Philomène est une petite fille de quatre ans, qui a déjà autant d'aura que sa maman. Elle est venue à la maison au début de l'été, et j'en ai profité pour lui demander de participer au tournage d'une petite séquence. J'ai vu en juin dernier sa maman jouer des percussions sous la direction de John Elliot Gardiner: on aurait dit une danseuse contemporaine, aux gestes amples et souples.

Sa fille Philomène fait règner autour d'elle une atmosphère identique, de diva très douce, et cela faisait longtemps que je projetais de la filmer. Ce vieux souhait est maintenant réalisé.

Merci Philomène !

En plus de cela, je trouve le montage du film de Philomène plutôt réussi. Kenji était d'accord: c'était la séquence qu'il a préférée lors de son passage à Paris.

Je vous souhaite à tous un bon début d'automne: vous ne trouvez pas qu'il fait un peu frais ces jours-ci ?

Au revoir tout le monde, et rendez-vous au mois prochain.

Koko